Bruxelles, un endroit peu
intéressant pour les ornithos ?


Détrompez-vous...Il existe dans et autour de Bruxelles nombres de sites qui sans avoir l’ampleur ni l’aura des Marais d’Harchies ou de la Basse-Meuse autour d’Oost-Maarland permettent de réaliser des observations intéressantes et variées, parfois à très faible distance de zones urbanisées.
par Pierre-Yves Bodart
pages sur : photo P.-Y. Bodart
   

Une ceinture verte à l’Est de Bruxelles.

 
Sur le côté Est de Bruxelles, il y a notamment un ensemble presque continu de biotopes favorables aux oiseaux. La pièce centrale de cette ceinture verte de Bruxelles se trouve être le cours de la Woluwe.
Si l’on parcoure le cours de ce ruisseau en voie de réhabilitation, depuis le Nord de la capitale, on rencontre successivement quelques bassins d’ orage propices aux anatidés (classiquement colverts mais aussi pilets ou fuligules ) hivernants du côté de Vilvoorde, divers petits étangs de moindre attrait du côté de Diegem puis un fond de vallée intéressant le long des boulevards, avant d’arriver à l’enchaînement Hof Ter Musschen, Parc Malou, Parc des Sources puis Etangs de Woluwe & Etangs Mellaerts. Au delà des étangs Mellaerts, on trouve le grand étang de Val-Duchesse, propriété gouvernementale non accessible mais visible depuis les boulevards (un couple de cygnes tuberculés, anatidés, cormorans en hivernage). Non loin de là, les étangs de Rouge-Cloître...
Un peu plus au Sud, un nouvel enchaînement de divers étangs (Parc Seny, Etang de Watermael puis étangs de Boisfort).

C’est incontestablement  vers le Sud autour des étangs de Boisfort et des sites voisins du Plateau de la Foresterie, des vallons du Vuylbeek & des Enfants Noyés, en orée de Forêt de Soignes que l’on peut réaliser les meilleures observations ornithologiques. Cet endroit est également propice à l’observation de chiroptères (chauve-souris) et les deux vallons précités ont fait l’objet en 99 d’une campagne d’installation de boîtes propices à l’accueil de ces derniers.

La Foresterie a depuis toujours eu la réputation de servir de zone de repos ou transit migratoire pour les oiseaux ayant survolé Bruxelles (en suivant d’ailleurs grosso modo l’enchaînement évoqué ci-avant) avant qu’ils ne s’engagent dans ou au dessus, selon les espèces, de la vaste Forêt de Soignes.
A contrario, cette zone sert aussi d’espace plus dégagé pour les espèces sortant du bois ( pics épeiche, vert ou noir, épervier d’Europe par exemple).
 

La Forêt de Soignes constitue encore aujourd’hui une superficie de plus de 4000 hectares, plantée majoritairement de hêtres. On y rencontre très fréquemment l’écureuil roux ainsi que l’écureuil de Corée, qui au départ de quelques lâchers sauvages, s’est bien implanté. Le chevreuil reste le seul représentant recensé du gros gibier. Le renard est toujours bien présent, le blaireau, plus discret l’est probablement aussi...de même que belette et  putois.

troglodyte mignon, forêt de Soignes (photo P. Deramaix)
 

Centre info de la forêt de Soignes

écureuil de birmanie, Forêt de Soignes, photo P. Deramaix

 
autres sites sur la Forêt de Soignes

Guide de la Forêt de Soignes, par info environnement (site Bruxelles et environnement)
histoire et faune de la Forêt de Soignes (site du Commissaire vert en Forêt de soignes)
Réserves naturelles en Belgique, parcs et jardins (site de Idearts)
The Zoniën Forest, a green area south-east of the city of Brussels (Belgium) by Dirk Raes, a site of the Birding Work Group of De Wielewaal Section Brussels. avec un checklist des oiseaux de la forêt de Soignes - Birds in the Brussels area (Belgium)
La forêt de Soignes, par O. Degrande
Sur le Rouge-Cloître

forêt - Photo P.-Y. Bodart

 

Des îlots de verdure en périphérie de la ville

Hors la ceinture verte évoquée ci-avant, il existe encore de ci de là quelques coins de verdure plus ou moins préservé de la pression immobilière urbaine.

Dans le Nord-Ouest de Bruxelles, il y a par exemple le complexe formé par les Marais de Jette-Ganshoren (oiseaux des roselières, dortoir de hiboux moyens-ducs en hiver) & le domaine voisin du Poelbos.

Plus à l’Ouest, du côté de Berchem St Agathe, aussi quelques belles zones vertes.

Au Sud, sur la commune d’Uccle, on retrouve le Kauwberg.

 

Autour de Bruxelles ; un mélange de sites en Brabant Flamand & en Brabant Wallon.

Les observateurs d’oiseaux qui sévissent en région bruxelloise, comme d’ailleurs les amateurs de nature au sens large disposent dans un rayon raisonnable de la capitale d’un ensemble de sites naturels à visiter selon les saisons.

Au Nord, en empruntant l’autoroute d’Anvers, on accède rapidement à Hofstade, grands étangs à visiter en hiver (plongeons, grèbes jougris, harles bièvres, goélands particuliers...) mais pas en été, à cause d’une pression touristique permanente. Plus loin, le Mechelsebroek ...à deux pas de Malines offre par exemple canards siffleurs, bécassines des marais ou hiboux moyens-ducs, sans compter la possibilité d’un passage migratoire (balbuzard par exemple).

Sur les côtés  Nord-Ouest & Ouest, les abords du canal de Willebroek (surtout pour canards, harles ou garrots après un coup de froid hivernal), Grimbergen, Vilvoorde et plus loin Dilbeek ou Anderlecht offrent quelques zones vertes susceptibles d’ intérêt (passereaux, jaseur boréal en passage hivernal).

Le Sud, c’est majoritairement la grande Forêt de Soignes. A l’Ouest, au delà de la ceinture verte évoquée ci-avant, on retrouve quelques endroits qui méritent mention. Il y a par exemple l’Etang du Gris-Moulin, à la Hulpe, qui bien qu’intégré dans un domaine paysager fort fréquenté le week-end (Domaine Solvay), offre quelques possibilités d’observation.

Il y a aussi le complexe de la Vallée de la Dyle, chapelet de grands étangs se situant dans un axe Leuven-Wavre (Oud-Heverlee, Rode-St-Agathe, Korbeek-Dijle etc...) où l’on retrouvera agréablement le Balbuzard en migration automnale ou quelque rareté (ex : pygargue à queue blanche) en hiver.
Juste au delà de la Dyle, la grande forêt de Meerdal, qui au delà des oiseaux, abrite aussi chevreuils, renards & blaireaux.

Dans Bruxelles même, il faut encore citer la Réserve Naturelle du Moeraskeà Evere, qui bien que situé en zone-tampon entre une gare de triage ferroviaire et des zones d’habitats denses recense un nombre impressionnant d’espèces observables.



 
liens
 
 
 
 

sur les perruches à collier
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

sur les perriches jeunes veuves d'Ixelles
(page de
Per Holm Knudsen)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

illustration
ouette d'égypte
 
 

 

Des espèces exotiques en bonne santé dans et autour de Bruxelles ?

Il est difficile d’aborder les sites dignes d’intérêt pour l’ornithologie dans les environs de Bruxelles sans évoquer également la situation de trois ou quatre espèces dont l’origine sauvage est douteuse mais dont la présence sur la région bruxelloise et au-delà est en augmentation.

Perruches à collier

On compte en effet une population estimée à plus de 2000 individus d’une perruche de coloration verte proche du vert fluo avec une longue queue (nuancée de bleu chez le mâle) appelée Perruche à collier (Psittacula krameri). L'origine de l'implantation de l'espèce en région bruxelloise remonterait historiquement à la présence d'un Meli Park sur le plateau du Heysel (échappés ou lâchers sauvages).

Le dortoir hivernal de la population bruxelloise se situe dans l'enceinte de l'OTAN à Evere (désormais célèbre grâce à la couverture médiatique de la guerre du Kosovo), sans doute pour bénéficier d'une certaine immunité diplomatique, mais est visible depuis le pourtour. L'extension de l'espèce est évidemment conditionnée par les capacités de reproduction et par la résistance aux rigueurs hivernales.

Lorsque vient la saison des amours et des nidifications, les perruches se dispersent dans toute la région bruxelloise à la recherche de cavités arboricoles adaptées. C'est ainsi qu'on en retrouve fréquemment du côté de Meise (Jardin Botanique National), de l'Hof ter Musschen (Vallée de la Woluwe), du cimetière d'Evere... 
En fin d'été, les perruches se rassemblent souvent en bande dans des zones de pré-dortoirs ;  tel le Parc de Roodebeek mais l’on voit aussi des rassemblements à la tombée de la nuit du côté de l'Hof ter Musschen et des passages fréquents au dessus du campus universitaire proche de Louvain-en-Woluwe.

 Même s'il ne s'agit pas là d'une espèce "naturelle" (et qu'on pourrait craindre que sa bonne santé génère une compétition avec d’autres espèces intéressées pas les cavités tels pics & hibous, chouettes ), cela reste malgré tout un spectacle intéressant.
 

Perriches jeunes-veuves

Pour être complet, il existe sur Bruxelles au moins un dortoir de perriches jeunes-veuves. 
La perriche jeune-veuve ou perriche moine, (Myiopsitta monachus) est originaire des plaines d'Amérique du Sud.  Elle est principalement verte avec un peu de bleu sur les ailes et du gris sur la tête et la poitrine.
Elle a ceci de remarquable que c'est la seule espèce de perroquet qui contruit des nids de branches et brindilles.  On la trouve introduite dans d'autres grandes villes d'Europe comme Berlin ou Barcelone. Elle est beaucoup plus locale que Psittacula krameri et n'est pas en expansion, au contraire. Il n'y aurait plus qu'une quarantaine d'individus (1998), contre environ le double il y a 10 ans (et environ 5 individus 10 ans plus tôt).
Elle niche en colonies et le plus célèbre de leurs nids collectifs est place G. D'Arrezo, à Ixelles.  C'est une grosse boule de branches accrochées à quelques mètres du sol.  On a beaucoup moins de chance d'en apercevoir loin du nid. 
bibliographie : Etude de la population de Perriche jeune-veuve (Myiopsitta monachus) à Bruxelles, par Anne Weiserbs et Jean-Paul Jacob, in AVES, vol 36 n°4, juin 2000
 
 

Ouette d'Egypte et Bernache du Canada

Quittons l’univers des perruches et autres perriches pour nous intéresser à deux espèces d’ Ansériformes, à savoir l’oie (aussi dénommée ouette) d’Egypte (Alopochen aegyptiacus) et la Bernache du Canada (Branta Canadensis).

La deuxième nommée semble avoir pris possession ces dernières années de zones péri-urbaines du Brabant flamand, du côté de Vilvoorde et de Humbeek, avec notamment nidification confirmée sur les étangs du lieu dit Bos van Aa (Humbeek).
Si la bernache du Canada n’est pas à proprement parler un oiseau urbain, il en va tout autrement de l’ouette d’Egypte, que l’on rencontre désormais sur à peu près tous les étangs urbains de Bruxelles (Etangs Mellaerts à Woluwe, Etangs de la Cambre à Ixelles, Etangs de Neerpede à Anderlecht) ainsi que dans la zone péri-urbaine où sévit la Bernache du Canada (de Vilvoorde Verbrande brug à Humbeek, Bos van Aa , comme aux étangs de Tervueren).

Liens sur la Région Bruxelloise et le Brabant
Bruxelles et Environnement : http://www.ibgebim.be/FR/PUBLIC/index.htm 
Birds in the Brussels area (Belgium) http://sun-hydr-01.bwk.kuleuven.ac.be/hydraulics/EToorman/avib.html 
Réserves naturelles en Belgique, parcs et jardins http://www.idearts.com/nature/ 
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