COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Non à l’arrêté “ destruction ” d’Happart !
Plusieurs associations de protection de la nature dénoncent l’avant-projet d’arrêté “ destruction ” du ministre Happart et lancent une campagne pour protéger les petits carnivores sauvages
Rétroacte... En février 2000, le Ministre de la ruralité de la Région wallonne, Monsieur José HAPPART, proposa de réautoriser la destruction de trois de nos petits carnivores, à savoir la belette, l'hermine et la martre, ainsi que d'intensifier la destruction du renard par le tir de nuit à l’aide de sources lumineuses. Suite à l’opposition des associations de protection de la nature (voir CP sur www.aves.be ), le ministre dû retirer ses projets mais, depuis, et à de multiples reprises, il n’a pas caché sa volonté d’autoriser à nouveau la destruction des “ nuisibles ”.
Deux ans après, presque jour pour jour, on apprend que le ministre soumet ce jeudi 28 février au Gouvernement wallon un avant-projet d’arrêté permettant la destruction de certaines espèces gibiers, parmi lesquelles figurent :
- le renard qui pourra être “ détruit ” partout en région wallonne, par tous les moyens possibles (armes à feu, boites à fauves, appâts non empoisonnés, pièges à lacets, collets, chiens). De jour mais aussi de nuit avec les armes à feu (aidés de sources lumineuses).
- la fouine et le putois (armes à feu, boîtes à fauves, appâts non empoisonnés), de jour comme de nuit, partout en région wallonne.
Les nuisibles ne sont pas ceux que l’on croît !
Tous les scientifiques de par le monde s’accordent à dire que les carnivores jouent un rôle considérable dans les écosystèmes et que la lutte qui leur est menée est vaine, inutile et même nuisible à l’équilibre des écosystèmes. Le Ministre wallon, ayant la conservation de la nature dans ses attributions, ne manque pas ainsi de faire resurgir à l'encontre des prédateurs, un état d'esprit de rejet, si pas de haine, que l'on croyait révolu depuis la dernière Campagne nationale de protection des petits carnivores sauvages, menée il y a moins de vingt ans, et ayant amené un très large public à une meilleure considération de ces précieux représentants de notre patrimoine naturel.
Des animaux... écologiquement corrects !
Face à ce constat, les associations de protection de la nature ( AVES, LRBPO, J&N) ont décidé d’unir leurs efforts pour lancer une nouvelle Campagne “ Petits carnivores ” afin :
- que la fouine et le putois soient immédiatement retirés de l’arrêté destruction et que soit interdit la destruction de nuit, à l’aide de sources lumineuses, du renard.
- d’informer et sensibiliser nos décideurs politiques ainsi que le grand public, sur la vie, le comportement et l’écologie des petits carnivores de nos régions. L’objectif : mieux les connaître pour mieux les protéger !
Pour de plus amples informations :
AVES asbl, rue Fusch 3, 4000 Liège. Tél. : 04/250 95 90. Email : aves@aves.be
Annexe 1 : Les principaux non-sens de l’avant-projet d’arrêté “ destruction ”
Annexe 2 : Présentation de la nouvelle Campagne pour la protection des petits carnivores sauvages en Wallonie.
Annexe 1 : Les principaux non-sens de l’avant-projet d’arrêté “ destruction ”
Détruire les carnivores est un non-sens écologique
Les principaux arguments en faveur du retrait pur et simple de renard, de la fouine et du putois sont d’ordre écologique et sont abondamment développés dans le dossier “ carnivores ” disponible en ligne sur le site www.aves.be/carnivores (Vous y êtes !)
Destruction au cœur des massifs boisés
L’avant-projet d’arrêté autorisera, toute l’année, jour et nuit, la destruction des fouines, putois et renards au cœur des massifs forestiers. Cette disposition est en contradiction avec l’article 7 de la loi sur la chasse (28 février 1882) qui prévoit que la destruction n’est autorisée que pour prévenir des dommages importants notamment aux forêts ou notamment dans l’intérêt de santé publique. Or, en permettant le destruction des carnivores en forêt, on risque d’accroître les dégâts occasionnés aux plantations par les rongeurs et le risques sanitaires liés à l’hantavirose, une zoonose virale, véhiculée par le campagnol roussâtre dont se nourrissent abondamment les carnivores forestiers et qui affecte chaque mois en période de pullulation de rongeurs en forêt une trentaine de personnes (sources : http://www.iph.fgov.be/epidemio/epifr/plabfr/info_hanta.htm).
Destruction par collet
Cette technique de destruction, non sélective (capture de chevreuil, de blaireau, de lapin...) et cruelle est d’un autre âge. Nous demandons son abolition !
Tir de nuit du renard avec source lumineuse
Le ministre veut aussi autoriser l’usage de sources lumineuses (“ bacs à lumière ”) de nuit pour détruire le renard. Cette mesure est non seulement sans effet sur la dynamique des populations de renard - ce que démontrent plusieurs études scientifiques - , mais en plus elle ouvre toute grande la porte au braconnage tant décrié. Cette technique, actuellement interdite, est en effet utilisée par les seuls braconniers. En la légalisant, il deviendra impossible de faire la différence de nuit entre un chasseur et un “ hors-la-loi ” ! Par ailleurs, l’utilisation des bacs à lumière est une source de perturbation tout à fait préjudiciable pour le reste de la faune, déjà malmenée de jour, et qui ne trouve souvent plus la quiétude que la nuit. Nous demandons l’abolition de cette pratique !
Déterrage à l’aide de chiens
L’usage du chien pour la destruction du renard permet toujours (bien que non explicitement) le déterrage du renard, mesure qui sera extrêmement préjudiciable au blaireau, une espèce légalement protégée, qui partage souvent ses terriers avec le renard. Sans une intervention des associations de protection de la nature à la fin des années septante, le blaireau aurait pu totalement disparaître de Wallonie suite au gazage intensif des terriers de renard, mené à l’époque pour lutter contre la rage. Les chiens remplaceront-ils le gazage et auront-ils raison des populations de blaireau...?
Protection et bien-être animal
Au-delà des aspects purement écologiques, certaines des dispositions sont également en contradiction flagrante avec la Loi du 16-08-1986 relative à la protection et au bien-être des animaux notamment en ce qui concerne :
- l’utilisation d’appâts (au-delà des problèmes sanitaires que de tels “ charniers ” posent également).
- la destruction par collet (méthode cruelle)
- l’utilisation éventuelle de chiens pour déterrer les renards (violence des attaques tant pour le chien que pour le renard).
Annexe 2 : Présentation de la nouvelle Campagne pour la protection des petits carnivores sauvages en Wallonie.
Une nouvelle Campagne pour protéger les carnivores !
On dit crier comme un putois. On dit d'un homme sournois qu'il a des yeux de fouine et la curiosité indiscrète de cet animal a donné le verbe fouiner. Le renard n’est-il pas rusé ? Et si la belette est un diminutif de “ belle ” et que la blancheur de l'hermine est devenue symbole de pureté, ce ne sont que des exceptions qui confirment la règle. Affublés de “ puants ” ou de “ nuisibles ”, les petits carnivores sauvages de nos régions n'ont pas bonne presse. La raison est simple : c’est tout simplement parce qu'ils sont méconnus !
Pendant longtemps, ces prédateurs décriés et détestés ont été massacrés sans relâche avec tous les moyens imaginables (tir, piégeage, empoisonnement...), jusqu'à ce que des études scientifiques, notamment sur leur régime alimentaire, démontrent de manière incontestable que leurs prétendus “ méfaits ” (attaques de poulaillers, prélèvements du petit gibier...) ne correspondent en définitive qu'à un comportement marginal, si pas exceptionnel. La plupart des petits carnivores en Wallonie se nourrissent en effet exclusivement de souris, rats et campagnols contribuant par là à assurer un rééquilibrage des populations de ces rongeurs dont on connaît les dégâts qu’ils occasionnent aux cultures en cas de pullulation ! Leur cause fut entendue et certains petits carnivores bénéficient à présent soit d'une protection “ active ” (retrait de la liste des gibiers et mise en protection intégrale) soit d'une protection “ passive ” (maintien du statut de gibier mais dont la chasse n'a plus été ouverte ces dernières années). Actuellement, le renard, la fouine et le putois peuvent encore être chassés et / ou détruits. Nous demandons leur retrait de l’arrêté “ destruction ” concocté par le ministre Happart.
Un dossier complet accessible sur Internet !
www.aves.be/carnivores Vous y êtes !) donnant accès à de multiples informations sur leur vie et leur comportement. Il comporte notamment le dossier scientifique vulgarisé de la Campagne, consultable et téléchargeable en ligne. Véritable plaidoyer en faveur de ces mammifères méconnus, ce dossier fait état des dernières connaissances sur le sujet.
Pour de plus amples informations :
AVES asbl, rue Fusch 3, 4000 Liège. Tél. : 04/222 20 25. Email : aves@aves.be
La Campagne de protection des petits carnivores sauvages en Wallonie est une initiative d’Aves, de la Ligue Royale pour la Protection des Oiseaux et de Jeunes & Nature.
Société d’études ornithologiques Aves
Rue Fusch, 3
4000 Liège
Tél : 04/222 20 25
Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux
43 rue de Veeweyde
1070 Bruxelles
Tél : 02/521 28 50
Jeunes & Nature
Boite postale 9
1300 Wavre
AVES
LRBPO