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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
LES PROPOSITIONS DU MINISTRE JOSÉ HAPPART EN MATIERE DE CHASSE
UN DRAMATIQUE RETOUR EN ARRIÈRE DE PLUS D’UNE
VINGTAINE D’ANNÉES !
Lundi 14, le Conseil supérieur wallon de la chasse se réunira pour émettre un avis sur les projets d'arrêtés du ministre José Happart en matière de chasse. Les associations de protection de la nature veulent manifester leurs profondes inquiétudes sur ces projets et demandent au ministre une concertation qui a jusqu'ici fait défaut.
Au vu des récents articles de presse[1]et des rares informations qui ont filtré du Cabinet du ministre José Happart, les associations de protection de la nature* sont profondément inquiètes de la teneur de certains projets d’arrêtés en matière de chasse. Si ces arrêtés devaient être appliqués, ils représenteraient un retour en arrière radical, tant sur le plan de l’éthique, de l’équilibre de la faune que du maintien de la biodiversité.
Manque de transparence !
Au-delà des propositions du ministre, les présentes associations sont profondément surprises et déçues face à l’opacité qui a entouré jusqu’à présent l’élaboration des projets d’arrêtés : même la propre administration du ministre n’a pu se pencher de façon sérieuse sur une matière aussi délicate !
Ce manque total de transparence se trouve par ailleurs en totale contradiction avec les principes défendus récemment par l’ensemble du Gouvernement wallon, au travers du Contrat d’Avenir pour la Wallonie, préconisant “ une culture et une déontologie basée sur l’écoute du citoyen, l’information, la transparence, l’échange ” et par lequel le “ Gouvernement entend travailler autant que possible en concertation et en partenariat avec les acteurs du développement ...notamment le secteur associatif ” !
Des arrêtés inacceptables !
Parmi les mesures dont nous avons eu échos, certaines sont inacceptables :
- En restreignant l’usage du pirch – outil de régulation qualitative – au profit de la battue -méthode non sélective par essence -, pour la chasse au “ grand gibier ”, le ministre risque d’affecter dangereusement la qualité et la santé du grand gibier.
- En permettant la chasse et la destruction de petits carnivores sauvages jusqu’ici protégés “ passivement ” – la belette, l’hermine et la martre –, le ministre mettra à mal durablement l’équilibre de la faune. Les carnivores constituent en effet des auxiliaires précieux de l’agriculture et des forêts car ils se nourrissent quasi exclusivement, et dans des quantités importantes, de petits rongeurs : mulots, campagnol, souris... Or, les pullulations périodiques des rongeurs entraînent les dégâts que l’on sait aux cultures, aux plantations et à la régénération forestière.
- Le ministre veut aussi autoriser l’usage de sources lumineuses (“ bacs à lumière ”) de nuit pour détruire le renard. Cette mesure est non seulement sans effet sur la dynamique des populations de renard - ce que démontrent plusieurs études scientifiques - , mais en plus elle ouvre toute grande la porte au braconnage tant décrié. Cette technique, actuellement interdite, est en effet utilisée par les seuls braconniers. En la légalisant, il deviendra impossible de faire la différence de nuit entre un chasseur et un “ hors la loi ” ! Par ailleurs, l'utilisation des bacs à lumière est une source de perturbation tout à fait préjudiciable pour le reste de la faune, déjà malmenée de jour, et qui ne trouve souvent plus la quiétude que la nuit.
- Enfin, José Happart voudrait également autoriser l'usage de chiens pour éliminer le renard. S'il s'agit du déterrage au terrier, cette mesure sera extrêmement préjudiciable au blaireau, une espèce légalement protégée, qui partage souvent ses terriers avec le renard. Sans une intervention des associations de protection de la nature à la fin des années septante, le blaireau aurait pu totalement disparaître de Wallonie suite au gazage intensif des terriers de renard, mené à l'époque pour lutter contre la rage. Les chiens remplaceront-ils le gazage et auront-ils raison des populations de blaireau...?
Ces propositions sont inacceptables, insensées d'un point de vue scientifique et marquent un retour en arrière de plus de 20 ans. Aussi, les associations de protection de la nature* demandent instamment au ministre José Happart de revenir sur les présentes mesures et de mettre rapidement sur pied une concertation – dans l’esprit du Contrat d’Avenir - avec l’ensemble des parties concernées (le monde cynégétique, les agriculteurs, les associations œuvrant pour la conservation de la biodiversité, ainsi que l’Administration en charge de la chasse et de la nature, le secteur du tourisme et le grand public) afin de retrouver cet équilibre que le ministre semble vouloir rompre.
Ce 14 février : l'avis attendu du Conseil de la chasse
Lundi prochain, le 14 février, le Conseil supérieur wallon de la chasse se réunira à Namur pour donner un avis sur les projets d'arrêtés du ministre Happart. Nos associations seront attentives à l'avis du Conseil mais surtout, elles veilleront à suivre de près les développements ultérieurs que le ministre réservera à ce dossier qui concerne tous les citoyens !
Contact Presse : Patrick du Bus (075/51 79 41).
Secrétariat de presse : Aves a.s.b.l. (04/222 20 25).
* Signataires du Communiqué :
Société d'Etudes Ornithologiques Aves, Jeunes & Nature, Inter Environnement Wallonie [IEW], La Ligue Royale Belge pour la Protection des Oiseaux [LRBPO] et le WWF-Belgium.
La Meuse 24/01/2000; Vers l'Avenir 05/02/2000.