Illustration du pattern des primaires chez les Goélands pontique, leucophée et argenté (argenteus et argentatus).

Notes préliminaires

  • Chez pratiquement tous les goélands, il y a a une certaine variabilité intra(sub)spécifique du pattern des primaires, liée à l'âge et au sexe des oiseaux. Classiquement, les mâles ont plus de gris/blanc et moins de noir que les femelles et les oiseaux acquièrent de plus en plus de gris/blanc et de moins en moins de noir quand ils prennent de l'âge. 
  • Les primaires sont, ici, comptées à partir de l'intérieur, suivant l'ordre dans lequel elles sont remplacées lors de la mue. La p1 est donc la primaire la plus interne, la p10 est la primaire externe. 
  • Le vocabulaire utilisé est précisé en fin de page et est accessible par un lien. 
  • On peut obtenir la taille d'origine des photos par simple clic. 
  • Le Goéland pontique* est toujours à homologuer en Belgique, d'où l'étoile accompagnant son nom. 

Goéland pontique (Larus cachinnans)

Les photos de gauche (adulte, Visé, 11 février 2000) et de droite (mâle adulte à l'arrière, Visé, 11 février 2000) montrent un pattern sous-alaire classique du cachinnans. La quantité totale de noir présente en pointe d'aile est réduite. 
  • Grande quantité de pâle sur la base des primaires externes, particulièrement sur les vexilles internes (longues langues pâles terminées par des zones blanches ou blanchâtres). 
  • Présence d'un grand miroir terminal sur la p10, et d'un assez grand miroir, subterminal mais traversant complétement la plume sur la p9. 
  • En terme du nombre de primaires marquées, cependant, le noir est relativement étendu: la marque noire de la p5 est une barre complète, souvent assez large, et une marque supplémentaire sur la p4 n'est pas rare. 
Au premier abord, le noir présent le long du vexille externe de la p10 n'apparaît pas de façon évidente, de sorte que le noir semble débuter au milieu de cette primaire plutôt que de remonter jusqu'à sa base. Globalement, le noir affecte classiquement la forme d'un croissant, passant entre les longues langues pâles de la base des primaires et les deux grands miroirs et pointant vers la base de l'aile le long de son bord de fuite. 

La photo du centre (adulte, Visé, 11 février 2000) montre un individu vu du dessus. Le noir est plus présent que sur la face inférieure de l'aile (vexilles externes visibles). Quand l'aile est bien ouverte, une partie des vexilles internes est visible du dessus également, ce qui crée une alternance de noir (vexilles externes) et de gris/blanc (langues pâles des vexilles internes) - des lignes pâles semblent "pénétrer" dans la pointe noire. Ce pattern a cependant le défaut de dépendre du degré d'ouverture de l'aile, ce qui peut rendre son utilisation moins aisée que celle du pattern sous-alaire. 

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Goéland leucophée (Larus michahellis)

A gauche: Goéland leucophée adulte en plumage d'hiver, Sint Idesbald, 26 novembre 2000; à droite: mâle adulte en plumage nuptial, Avant-Port de Zeebrugge, 4 juin 2001). 
  • Les vexilles internes portent beaucoup plus de noir que chez cachinnans, les langues pâles sont plus courtes, plus sombres et ne se terminent pas par des zones blanches. 
  • Michahellis peut avoir 1 ou 2 miroirs, qui sont généralement plus petits que chez cachinnans. Chez les oiseaux à deux miroirs, le second ne traverse que rarement complètement la plume. 
  • Le noir s'étend normalement sur le même nombre de plumes que chez cachinnans (nette barre complète sur la p5 et, sur l'oiseau de gauche, tout petit point noir, à peine visible sur le scan, sur la p4). 
Du dessus comme du dessous, le dessin général est un triangle noir très plein dont la base de la p10 est un des sommets, avec très peu de gris et pas de blanc "pénétrant" dans le noir. 

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Goéland argenté, race occidentale (Larus argentatus argenteus)

La photo de gauche montre un Goéland argenté de la sous-espèce argenteus, qui pourrait être qualifié de "classique" (Sint Idesbald, 7 janvier 2001). 
  • Deux miroirs, celui de la p10 est le plus souvent subterminal, celui de la p9 est de taille moyenne et fréquemment entouré de noir. 
  • Les langues pâles sur les primaires externes sont relativement courtes et grises; la p10 est majoritairement noire. 
  • Chez la plupart des argenteus, le noir ne s'étend vers l'intérieur que jusqu'à un point ou une barre interrompue sur la p5 (mais une barre complète n'a rien d'exceptionnel) et il est normalement absent sur la p4. 
La photo de droite montre un argenteus un peu moins typique (Sint Idesbald, 7 janvier 2001), présentant un pattern alaire s'approchant autant que faire se peut de celui d'un michahellis. Cet oiseau a un seul miroir, des taches apicales plus petites que sur un adulte classique et une barre noire complète sur la p5. L'ensemble de ces caractères, couplés à une marque rouge diffuse sur le bec et à la présence d'une légère marque brunâtre sur l'une des grandes couvertures des primaires, en font assez probablement un oiseau de 4e hiver. 

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Goéland argenté, race nordique (Larus argentatus argentatus)

Deux photos prises à Sint Idesbald le 7 janvier 2001 d'un Goéland argenté de la sous-espèce argentatus typique. Le gris du manteau et du dessus des ailes est plus sombre que chez argenteus
  • Deux miroirs sont présents, le premier généralement terminal, le second généralement large et traversant la plume complètement. Les taches apicales sont très grandes. 
  • Les langues pâles sont beaucoup plus longues que chez argenteus et se terminent par de larges taches blanches, de façon similaire à celles d'un Pontique, ce qui pourrait prêter à confusion. 
  • Le noir est cependant nettement plus limité sur les primaires plus internes que chez les trois autres taxons présentés ci-dessus (ici, un point à peine visible sur la p5 au lieu d'une barre complète, rien sur la p4). 
On notera aussi la mue très tardive (ici, p10 encore en train de pousser le 7 janvier alors que cachinnans termine normalement de muer ses primaires en novembre), qui indique clairement un oiseau venant du Nord. 

Le pattern alaire de cet oiseau est fort différent de celui des deux argenteus présentés ci-dessus, mais la variation entre les deux sous-espèces d'Argentés est en fait clinale, de sorte que tous les intermédiaires sont concevables, et qu'il est très fréquemment impossible de déterminer avec certitude la sous-espèce à laquelle un oiseau non nicheur appartient. 
De plus, la définition actuelle d'argentatus inclut des populations qui diffèrent par plus d'un aspect. Entre autres, les oiseaux de la Mer Blanche et ceux de la Baltique sont relativement distincts. Un Argenté à pattes jaunes et à très longues ailes, présent en début 2001 dans la zone Visé-Lixhe, pourrait provenir d'une de ces populations. 

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Lexique

  • Vexille : "moitié" de la plume située d'un des côtés du rachis - une primaire a un vexille interne (plus large) et un vexille externe (plus étroit). Vu la façon dont les plumes se superposent, la face supérieure de l'aile montre principalement les vexilles externes, la face inférieure montre les vexilles internes (et le vexille externe de la p10).  Sur la plupart des primaires portant du noir, ce noir est plus étendu sur le vexille externe que sur le vexille interne. Sur une aile fermée, les vexilles externes sont souvent les seuls visibles, mais le vexille interne de la p10 peut fréquemment aussi être observé sur la face inférieure de l'aile opposée à l'observateur. 
  • Tache apicale : la tache blanche, habituellement présente à l'extrémité des primaires d'un goéland.  Ce sont les taches apicales qui forment la "suite de points blancs" visibles sur l'aile fermée d'un goéland posé. 
  • Miroir : tache blanche située dans la partie noire de la plume en amont de la tache apicale, sur les primaires les plus externes. Le nombre de miroirs d'une aile de goéland varie de 0 à 3; sur un "type-Argenté" adulte, il y en a normalement 1 ou 2 (sur la p10 ou sur les p9-10). Le miroir est souvent séparé de la tache apicale par une barre noire subterminale. Il arrive cependant que cette barre noire soit absente, de sorte que le miroir et la tache apicale se confondent (miroir terminal, par opposition à miroir subterminal). 
  • Langue pâle : zone pâle, généralement grise et parfois terminée par une zone blanche, partant de la base de la plume et s'étendant sur le vexille interne vers la pointe, en "pénétrant dans le noir". Sur les primaires portant un miroir, la pointe de la langue pâle est normalement séparée de celui-ci par une zone noire qui traverse complètement la plume. Quand la langue pâle et le miroir sont interconnectés via le bord interne de la plume (le noir n'atteint alors pas du tout le bord interne), on parle de "pattern de type thayeri" (parce que c'est le cas chez le Goéland de Thayer Larus thayeri) - c'est possible chez cachinnans (peu fréquent) et chez argentatus, normalement pas chez michahellis ni chez argenteus

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Texte et photos de Laurent Raty