Aves, p�le ornithologique de Natagora

La recherche d'oiseaux rares est-elle éthique?

La présence d‘espèces rares peut provoquer une arrivée massive sur les lieux d’ornithologues cherchant à enrichir leurs listes personnelles d’espèces exceptionnelles.

Cette démarche n’est pas moins légitime qu’une autre et, a priori, ne devrait pas susciter la critique. L’un choisit de s’intéresser aux espèces « courantes », l’autre de compléter une liste, un troisième d’aller au bout du monde pour observer une espèce ou un groupe d’espèces qui le passionne.

Mais qu’il se soit égaré ou que sa population soit menacée, un oiseau rare sera le plus souvent à classer parmi les espèces sensibles, méritant toute l’attention de l’observateur et requérant de sa part des précautions particulières. Dans certains cas, la recherche d’oiseaux de cette catégorie peut être bénéfique parce qu’elle apporte des informations utiles ou contribue à la protection des espèces concernées. En effet, les données recueillies peuvent être communiquées aux ornithologues locaux, souvent les mieux à même d’intervenir directement. Mais souvent, on peut être tiraillé entre la joie de transmettre une information retentissante au plus grand nombre et la volonté délibérée de ne rien révéler d’une donnée exceptionnelle. A la solidarité communicative du réseau des passionnés de l’observation rare, s’oppose le mutisme du farouche partisan du secret absolu : conflit éminemment éthique mais qui risque de porter préjudice à l’oiseau lui-même.

La question qui se pose toujours est de savoir si l’espèce, voire l’individu, bénéficiera ou souffrira de l’intérêt de l’observateur. Une fois encore, c’est à cette question qu’il faut répondre et à elle seule. Et il ne faut pas oublier de se la poser.

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