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Le marquage de couleur

Le système consiste à ajouter à la bague en métal une ou plusieurs marque(s) de couleur inscrite(s) ou non d'un code. Il peut s'agir de bagues, de bagues à drapeau, de colliers, de feuilles nasales, de marques alaires ou du coloriage d'une partie du plumage. Le but poursuivi est de permettre l'étude des déplacements et des paramètres démographiques d'une population d'oiseaux en déchiffrant, à distance, la combinaison : type de marque - localisation de la marque -, couleur(s) de la marque et, le cas échéant, code inscrit sur la marque. Et cela, sans devoir recapturer les oiseaux en question, tout en disposant d'un réseau de collaborateurs étendu : les observateurs de terrain. Cette méthode permet ainsi d'augmenter de manière importante les taux de reprise. La technique permet également d'étudier le comportement d'un individu connu et répertorié puisque son identification est déchiffrable à distance tandis qu'il adopte le comportement objet de l'étude.

Rien que des avantages donc ? Et non, pour les raisons suivantes : d'abord, les marques de couleur ont toujours une durée de vie limitée, voire très limitée, de quelques mois à quelques années, ce qui n'est pas le cas des bagues métalliques et ce qui explique pourquoi il faut toujours, en plus des marques de couleur, baguer l'oiseau d'un anneau métallique réputé inaltérable. Ensuite, parce que le nombre de combinaisons de couleurs est relativement limité car seulement 7 couleurs sont utilisables (noir, bleu, vert, rouge, orange, jaune et blanc); les autres teintes déteignent sous l'effet des UV. Le nombre de combinaisons alphanumériques des codes, éventuellement gravés sur la marque, est également limité, à moins, comme on l'observe malheureusement avec certains programmes, que le nombre de caractères soit augmenté, au détriment de la lisibilité à distance. Enfin, car, et ceci concerne plutôt les non-passereaux, le nombre de données envoyées par des observateurs de terrain et la longévité de certaines espèces nécessitent la mise en place d'un système de banque de données adéquat et rigoureux permettant de consigner les données reçues et de retourner, dans les meilleures conditions, les données de baguage à l'observateur. Et, last but not least, un collier et des bagues de couleur sur une Oie naine n'améliorent pas spécialement l'esthétique de l'oiseau. Il est donc évident que des marques de couleur ne doivent être utilisées que dans le cadre d'une étude dont les objectifs sont pertinents et bien déterminés.

Différents types de marquage

  • Bagues

Deux possibilités : soit il s'agit d'une combinaison, en général unique, de bagues en PVC coloré, associées à la bague métallique. Actuellement ce type de marquage concerne essentiellement les passereaux. Il est important, en cas d'observation, de bien noter la succession des couleurs, en général du bas vers le haut tout en précisant si les bagues sont placées sur ou au-dessus du tarse ainsi que la patte concernée (gauche ou droite). Quelques programmes ont été développés en Belgique avec les Traquets tariers, la Pie-grièche grise et plusieurs espèces de mésanges.

Le second principe consiste à utiliser une ou deux bague(s) de couleur en PVC multicouche, mais cette fois gravée(s) d'un code unique. Les codes sont toujours de couleur blanche sauf si la bague est. blanche (pour les raisons que l'on imagine) ou rouge (afin d'éviter la confusion entre une bague rouge décolorée et une bague orange). Dans ces deux cas, le code est noir. En général, le code est répété trois fois sur la circonférence de la bague. Lorsqu'il n'est composé que d'un caractère, celui-ci est gravé horizontalement; si il y en a plusieurs, les caractères sont gravés verticalement et, normalement, la bague est placée de telle manière que la lecture s'effectue du bas vers le haut.

Plusieurs espèces sont actuellement suivies par cette méthode en Belgique. Outre la Mouette mélanocéphale, citons la Cigogne noire, les Goélands argenté et brun, le Faucon pèlerin et l'Ouette d'Égypte.

  • Bagues avec drapeaux

Il s'agit d'une variante de la méthode précédente qui consiste, soit à utiliser des bagues de couleur dont les extrémités ne sont pas jointes bout à bout mais sont repliées parallèlement vers l'extérieur afin de constituer un drapeau, soit à entourer la bague de métal de toile isolante de couleur, dont les extrémités sont également repliées parallèlement vers l'extérieur.

Le Tournepierre à collier en provenance du Canada et hivernant à Blankenberge (cf. Aves Contact 6/2000 et 2/2002) est marqué d'une combinaison de bagues de couleur et d'un drapeau.

  • Colliers

Le principe de ce type de marques est comparable au système des bagues de couleur gravées d'un code. Le collier est soit en PVC rigide, soit en polyuréthane souple. Les colliers permettent un repérage à plus grande distance que les bagues de couleur. Ils sont également plus adaptés pour des espèces qui passent beaucoup de temps sur l'eau ou dans la végétation haute.

Cette technique est essentiellement utilisées avec des oies et des cygnes. Le développement de la population férale de Bernache du Canada installées en Belgique est étudiée de la sorte.

  • Feuilles nasales

Cette méthode, rarement utilisée en Europe, consiste à fixer sur le bec, la plupart du temps d'une espèce de canard, un carré de plastique souple inscrit d'un code. Un Souchet d'Europe, marqué ainsi au Portugal, a été observé à Harchies.

  • Marques alaires

Même principe que le précédent, si ce n'est que le carré de plastique est attaché à la base de l'aile. Là où les marques sont bien visibles lorsque l'individu est posé, ailes refermées. La détection est malaisée en vol, mais pas impossible. Le suivi du programme de réintroduction du Milan royal au Royaume-Uni est basé sur cette méthode. Un milan marqué dans ce cadre a été repris en Belgique.

  • Coloriage d'une partie du plumage

Ici, il ne s'agit pas de fixer, d'une manière ou d'une autre, des marques de couleur, mais de teinter une partie du plumage, voire quelques plumes seulement. Cette technique ne peut s'appliquer que sur des plumes blanches. Une variante consiste à décolorer des rémiges sombres à l'origine : c'est le système utilisé pour suivre l'évolution de la population de Gypaète barbu dans les Alpes.

En Belgique, l'étude des taux de survie des Sternes caugek et pierregarin juvéniles est réalisée en coloriant différentes parties du plumage.

Procédures d'observation et de transmission

En cas d'observation d'un oiseau muni de marques de couleur, il faut rienter sa lettre de reprise directement vers le responsable du programme. Normalement, il est d'usage que celui-ci réponde à l'observateur et transfère périodiquement ses données vers le Centre de baguage concerné afin de compléter les fichiers nationaux. Une liste relativement exhaustive des programmes utilisant des marques de couleur est disponible sur le site web suivant : http://www.cr-birding.org tandis qu'une liste de discussion permet de rechercher les cas désespérés. cr-birding(AT)yahoogroups.com

La lettre de reprise doit reprendre les mêmes données que celles énumérées pour la reprise d'une bague métallique (nom et adresse de l'observateur, date et localité d'observation, espèce concernée). Il est cependant primordial de décrire la marque en précisant bien le type, la ou les couleur(s), la patte ou l'aile concernée, au-dessus ou sur le tarse ainsi que le code éventuellement inscrit. Inutile de dire qu'il ne faut transmettre que des données dont on est absolument certain. Le taux de données erronées est encore actuellement très important... Ensuite il peut être très utile de joindre des données liées aux conditions d'observation, en indiquant par exemple le comportement, la taille du groupe dans lequel se trouve l'individu marqué, le type d'habitat, le statut social (en couple, accompagné de jeunes.).

Bonnes observations et merci de participer à ces études qui permettent une meilleure connaissance, et donc une meilleure conservation des populations d'oiseaux.

Contacts

Didier Vangeluwe & Walter Roggeman
Centre Belge de Baguage
Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique
29 rue Vautier, 1000 Bruxelles
Didier.Vangeluwe(AT)naturalsciences.be
Walter.Roggeman(AT)naturalsciences.be

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