Aves, p�le ornithologique de Natagora

Recensement 2015 des colonies de Héron cendré (Ardea cinerea)

Recenser les héronnières

L’évolution des populations d’oiseaux nicheurs permet entre autres de déterminer l’état des peuplements et de préciser leurs besoins de conservation. Le Héron cendré est une des espèces coloniales susceptibles d’être suivie avec régularité en Wallonie grâce au dénombrement de l’ensemble de ses colonies. La poursuite en 2015 du suivi commencé en 2012 se place dans ce cadre.

Cette enquête fait suite au premier recensement complet mené en 2002 et à l’atlas des oiseaux nicheurs 2001-2007. De 2008 à 2012, une partie des colonies ont fait l’objet d’observations (voir surtout www.observations.be). Seules quelques colonies, comme celles de Harchies-Hensies et Rixensart, ont été suivies attentivement.

Inversion de tendance après une forte progression

Depuis la découverte d’une première petite colonie en 1975, la progression a été continue jusqu’en 2002 au moins. Cette année-là, 41 colonies totalisaient minimum 1.060 couples en Wallonie. Par la suite, l’espèce a continué à connaître une période faste durant les recherches pour l’atlas des oiseaux nicheurs de Wallonie entre 2001 et 2007 (estimation atlas 1.400-1.500 couples).

Les données des dernières années montrent par contre une inversion de tendance avec une baisse significative, l’effectif étant retombé nettement sous la barre du millier de couples, avec un total de quelques 700 couples à peine (seule la colonie d’Harchies dépasse encore les cent couples). Les raisons en sont mal définies, mais indubitablement complexes (effets d’hivers rudes, évolution des ressources alimentaires, destructions illégales, tirs autorisés en piscicultures …). Cette évolution justifie la poursuite du suivi.

Le recensement 2015 a pour objectif de dénombrer les colonies connues et de chercher à en localiser de nouvelles

Naturellement, les colonies croissent, fluctuent, périclitent. Certaines sont détruites lors de coupes d’arbres porteurs (mises à blanc de pessières, par exemple), d’autres subissent des perturbations anthropiques qui conduisent à leur abandon. Ces colonies peuvent parfois simplement se déplacer dans les environs. Des nidifications isolées sont souvent discrètes, temporaires et ne conduisent pas à la fondation de réelles colonies. Ceci indique qu’un recensement ne peut se contenter de contrôler les sites connus.

Distribution des observations (observations.be & OFFH) de Hérons cendrés en Wallonie et à Bruxelles entre le 15 avril et le 15 mai 2012 (en pleine saison de reproduction). Noter le lien fréquent avec les vallées et les archipels d’étangs : c’est une bonne indication pour la recherche des colonies.

Quand chercher et dénombrer?

Des hérons fréquentent les colonies dès le coeur de l’hiver si le temps est assez doux (des dizaines d’adultes étaient présent sur la héronnière d’Harchies dès courant janvier 2015). Certains restent sans doute à proximité l’année durant, dans les sites les plus propices. La réoccupation des colonies est massive dès les prémisses du printemps et au plus tard en mars. Attention, des couples isolés se rencontrent aussi.

Tout indice de reproduction est à traquer : adultes en plumage nuptial au bec (et pattes) jaune-orangé, transports de matériaux vers un nid, vols répétés dans une direction donnée, oiseaux « tombant » dans un bosquet, caquetages dans un boisement…. C’est la piste vers des découvertes. 

Le cycle de reproduction d’un couple s’étend sur environ 13 semaines mais la reproduction n’est pas synchrone : des nichées peuvent être à l’envol alors que des oiseaux couvent encore, après la feuillaison des arbres (courant avril). Pour tenir compte de cet étalement, la méthode de dénombrement s’articule, comme dans d’autres pays, sur le principe 

 

  • d’un dénombrement au moins entre le 25 mars et le moment de la feuillaison des arbres en avril (sinon fin avril en résineux) ; de visites supplémentaires peuvent évidemment permettre d’affiner le résultat ;
  • du comptage des nids occupés, car des nids peuvent être inoccupés dans une colonie.

L’estimation finale retenue est le nombre de nids occupés le plus élevé obtenu lors d’une des visites. Un nid occupé se reconnaît lors de sa construction ou recharge, s’il est fienté sur les bords ou sous le nid, aux débris de coquilles au pied des arbres et, évidemment aux adultes et jeunes au nid.

 

Quelles informations transmettre via www.observations.be ?

 

 

  • la localisation précise de la héronnière
  • le nombre de nids occupés
  • s’il s’agit du comptage précis ou d’une  estimation
  • remplir le champ comportement d emanière adéquate
  • utiliser le champ remarques pour préciser :
  • éventuellement le nombre de nids inoccupés
  • le type de boisement (parc, plantation d’épicéas, pins, peupliers, saulaie, aulnaie, hêtraie, chênaie, autre bois feuillu)
  • des précisions telles que le stade de la reproduction (nombre de nids couvés, avec jeunes, jenues volants).
  • des photos du site.

Les Hérons cendrés méritent donc toute notre attention. Pour toute info et aide à la recherche de l’espèce, contacter Jean-Paul Jacob jp-jacob(at)aves.be ou coa(at)aves.be.

En cas de menace imminente sur un site ou de destructions, prévenir immédiatement le Département Nature et Forêts (DNF – Direction de la Nature 081/335.887).

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