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Aves, 44/3 | 2007 | 177-184

  Le projet nordique des Oies cendrées (Anser anser)
Nilsson, L.

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Résumé de l'article

Le marquage par collier de l'Oie cendrée dans les pays nordiques a débuté en 1984 dans le but de mieux connaître les différents aspects de l'écologie de l'espèce et les stratégies de migration des populations des différentes parties des quatre pays. Depuis le début, plus de 6.400 oiseaux ont été munis de collier et plus de 250.000 lectures ont été enregistrées, grâce à un réseau d'observateurs couvrant les principales aires de stationnement et d'hivernage. Le pourcentage des oiseaux revus est élevé, de l'ordre de 85 % pour ceux marqués en Norvège et passant par les Pays-Bas. Si, au début du projet, des Oies cendrées ont été marquées en différents sites des quatre pays, l'effort n'a plus été poursuivi intensivement que dans deux des aires de reproduction principales : la Scanie, au sud-ouest de la Suède, et le centre de la Norvège. Diverses publications ont été réalisées et des mises à jour régulières peuvent être trouvées sur le site : www.biol.lu.se/zooekologi/waterfowl/index.htm Ce projet et d'autres ont permis de montrer la grande variabilité des stratégies de migration ainsi que la rapidité avec laquelle les traditions de halte et d'hivernage peuvent changer. Un facteur important dans ces modifications est la succession d'hivers doux qui ont permis aux oies de trouver leur nourriture plus au nord. Initialement, l'Oie cendrée des pays nordiques migrait le long de la côte atlantique jusqu'à ses quartiers d'hiver au sud-ouest de l'Espagne, un petit nombre hivernant plus au nord. La population de la Scanie quittait le pays en octobre-novembre et gagnait les Pays-Bas où, après une courte halte, la majorité des oiseaux se rendaient dans les marais salants du sud-ouest de l'Espagne. Au retour, les oiseaux marquaient également une courte halte aux Pays-Bas avant de regagner la Suède dans la dernière semaine de février ou au début de mars. Les Oies cendrées de Norvège, elles, arrivaient déjà aux Pays-Bas en août ou septembre, beaucoup d'entre elles s'arrêtant au Danemark. Le séjour aux Pays- Bas, quand elles n'y hivernaient pas, était relativement long. Elles arrivaient en Espagne plus tard que les oiseaux suédois et la quittaient aussi plus tard pour marquer une halte d'un mois ou plus aux Pays- Bas avant leur retour sur les sites de nidification norvégiens.Les lieux de halte aux Pays-Bas sont aussi différents pour les deux populations. Au nord du Pays, les sites les plus importants sont le Lauwersmeer et Dollard. Les oiseaux de Scanie sont rares au Lauwersmeer où l'on trouve de nombreux oiseaux marqués en Norvège. C'est l'inverse pour Dollard. Ces dernières années, de moins en moins d'observations sont signalées en automne au Danemark. Les oies de Scanie restent plus longtemps en Suède avant de gagner directement les Pays-Bas où la majorité d'entre elles semble maintenant hiverner. Certaines restent même en hiver sur les sites de halte de la côte suédoise. Ce phénomène est lié à un changement de comportement dans la recherche de la nourriture, de plus en plus d'oies exploitant maintenant les résidus des champs de betteraves alors qu'avant elles n'exploitaient que les chaumes. Le labour de ces derniers en septembre-octobre entraînait leur départ en migration et la date médiane d'arrivée aux Pays-Bas était la mi-octobre; maintenant, c'est fin novembre-début décembre. Y trouvant le même type de nourriture, elles ne migrent pas plus loin et restent pour l'hiver, tant qu'il ne gèle pas pendant une longue période. Elles quittent aussi maintenant leurs zones d'hivernage plus tôt et sont de retour sur les sites de nidification mi-janvier au lieu de fin février-début mars. Du changement dans la migration de mue a aussi été enregistré. Initialement, elles muaient à Oostvaarderplassen aux Pays-Bas; le site de mue s'est ensuite déplacé à Salthom dans le détroit entre la Suède et le Danemark, avant un nouveau déplacement vers le lac Hornborga, 350 km plus au nord, donc plus près de leur aire de reproduction. La stratégie migratoire des oies cendrées norvégiennes a aussi changé. Dans ce pays, peu de zones favorables à la recherche de nourriture sont disponibles après la mue. Les oies se déplacent donc tôt vers le sud, beaucoup stationnant au Danemark, d'autres se rendant aux Pays-Bas où elles restent longtemps. La date médiane d'arrivée aux Pays-Bas est maintenant plus tardive par rapport à celle du début du projet. La distribution de l'Oie cendrée a aussi changé suite à des modifications d'habitat. Ainsi, il y a maintenant trois sites de halte importants au nord de l'Espagne, contre un précédemment, et cela suite à la création de grands réservoirs d'eau que les oies utilisent comme reposoirs. En leur fournissant ces aires de repos, ils permettent aux oies d'exploiter de nouvelles zones de transition riches en nourriture.

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