La campagne hesbignonne.
Bergeronnette printanière
René DumoulinSi les espèces nichant habituellement dans la campagne cultivée sont peu nombreuses (Vanneau huppé, Caille des blés, Perdrix grise, Faisan de Colchide, Alouette des champs, Bergeronnette printanière et Bruant proyer), ces vastes plaines ne sont cependant pas totalement dépourvues d'intérêt ornithologique, principalement lors des périodes de migration. De nombreuses espèces peuvent se rencontrer en vol, en halte migratoire ou même s'y concentrer pour se nourrir. Vanneaux huppés, Etourneaux sansonnets, Mouettes rieuses se rencontrent en vastes bandes parfois accompagnées d'espèces plus rares. Des Pluviers dorés accompagnent régulièrement les Vanneaux. Des Goélands bruns migrateurs, des Goélands argentés et cendrés se rencontrent également et, les années humides, les mares formées dans les champs sont fréquentées par des Limicoles (Combattants, Bécasseaux minute et variable, ...) de passage.
Le passage des Rapaces offre souvent un grand spectacle. Busards des roseaux, Saint-Martin (ce dernier hiverne) et cendré (très rare mais il a déjà niché dans la région) survolent les plaines de leur vol nonchalant typique. Buses, Faucons crécerelles sont monnaie courante et hivernent; des concentrations étonnantes ne sont pas exceptionnelles. Plus rares sont le Milan royal, les Faucons hobereau, pèlerin et émerillon; un Balbuzard en vol est également possible. Dès fin août pour la Bergeronnette printanière mais surtout en octobre, les migrateurs diurnes (Pigeon ramier, Alouettes, Pipits, Bergeronnettes, Linottes, Pinsons, ...) passent en bandes souvent importantes. Des migrateurs nocturnes à l'arrêt ne sont pas rares. Le plus typique est le Traquet motteux fuyant au ras du sol en montrant son croupion blanc.
Busard Saint-Martin mâle René Dumoulin
Traquet motteux René Dumoulin En dehors des oiseaux, peu d'espèces animales sont susceptibles d'être rencontrées dans la campagne hesbignonne. Seul le Lièvre commun se montre régulièrement. La meilleure saison pour l'observer est la fin de l'hiver et le printemps. Des concentrations de quelques individus en rût sont fréquentes.
Toute la Hesbaye est propice à la rencontre de ces espèces. Le vélo est un moyen de locomotion commode qui permet de voir et entendre tout en parcourant des distances appréciables et donc d'augmenter les possibilités de rencontre. Les routes de remembrement peu fréquentées par les véhicules motorisés permettent de circuler dans une relative sécurité. Où que l'on soit, un itinéraire est toujours aisé à programmer. Citons seulement ceux où des excursions sont régulièrement organisées par AVES : la campagne de Verlaine (2ème chemin de remembrement à droite à partir de l'autoroute E42, sortie de Villers-le-Bouillet, en direction de Waremme) où, en septembre,
le Pipit rousseline est presque assuré et les "marnières" d'Othée, entre Liège et Tongres. Ce dernier endroit est assez remarquable car, sur un espace restreint, il permet d'observer à la fois les oiseaux de la campagne et ceux des haies et des bosquets. En toutes saisons, des observations intéressantes y sont garanties. Pour s'y rendre, aller de Villers-l'Evêque (E40, sortie Hognoul) vers Othée et, à la sortie du village, prendre un petit chemin bétonné à gauche. On aperçoit quelques arbres au loin, prélude de haies et bosquets s'étendant le long d'un petit ruisseau jusqu'aux confins de Tongres. Les chemins à gauche et à droite permettent de revenir sur le plateau et d'errer un peu à sa guise. La route des clochers, signalée à partir de la sortie Hognoul de l'E40, permet aux cyclistes (parcours d'une cinquantaine de kilomètres au travers des communes d'Awans, Ans et Juprelle et de leurs campagnes) et piétons (plusieurs circuits de 4 à 5 km) d'utiliser des itinéraires bien déterminés présentant, outre leur aspect didactique, un intérêt ornithologique certain. La zone de campagne délimitée par les villages de Wihogne, Juprelle, Lantin, Alleur, Xhendremael et Othée présente un intérêt particulier au niveau des rapaces. La densité des espèces communes (Faucon crécerelle, Buse variable) y est particulièrement élevée. Les Busards y sont presque communs tant en migration automnale (surtout le Busard des roseaux) qu'en hivernage (Busard Saint-Martin). Toutes les autres espèces y ont été signalées, du Busard cendré au Faucon pèlerin.
Pipit rousseline
René Dumoulin(texte d'André Burnel)