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Aves, 40/1-4 | 2003 | 84-91

  L’insuffisance d’arbres adéquats pour les nids, un facteur limitant pour la Cigogne noire (Ciconia nigra) en Estonie
Löhmus, A. & Sellis, U.

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Résumé de l'article

Avec 100 à 120 couples nicheurs, la population estonienne de Cigognes noires (Ciconia nigra) est la plus septentrionale d’Europe. Une diminution des effectifs dépassant les 50% depuis 1970, ainsi qu’ne très faible productivité, posent la question sur les causes d’un tel déclin. Une d’entre elles paraît être une dégradation progressive des sites de nourrissage, résultant d’une politique de drainage forestier. Le présent article indique qu’une autre cause est apparemment le manque d’arbres convenables pour supporter le nid. 49 sites de nidification ont été décrits entre 1998 et 2001. Pour chaque nid, trois sites-échantillons à différentes distances (200, 500 et 700 m) et dans des directions aléatoires ont été également analysés. Enfin, 733 échantillons aléatoires situés dans un massif forestier de 900 km2 au centre du pays (58°25’N, 26°20’E) ont fait l’objet de la même enquête. Cette dernière région comprend aussi bien des réserves naturelles que des forêts de production. A l’intérieur de chaque échantillon, différents paramètres ont été notés: hauteur, diamètre et âge des arbres, taille du plus gros arbre, structure de la canopée. Ensuite, les échantillons disposant d’au moins un arbre apte à supporter un nid de cigogne ont été inspectés sur la base d’autres facteurs importants pour une éventuzllz nidification: distance par rapport à une lisière, une zone cultivée, une route importante, composition et structure forestière ... Il résulte de ces analyses que la Cigogne noire niche majoritairement sur quatre essences, apr ordre de préférence décroissante: Chêne (Quercus sp.), Peuplier tremble (Populus tremulus), Pin sylverstre (Pinus sylvestris) et Bouleau (Betula sp.) (Tableau 1). Par contre, l’Epicéa commun (Picea abies) est évité pour l’installation du nid, alors que sa présence semble nettement recherchée dans les environs de celui-ci. La grande majorité des nids sur des chênes et peupliers sont placés sur des branches latérales, ce qui est très rarement le cas pour les autres essences. La hauteur moyenne des arbres porteurs de nid est de 25,6 m pour un âge moyen de 161 ans (Chênes), 134 ans (Pins sylvestre), 101 ans (Peuplier tremble) et 97 ans (Bouleau). Dans les Pays Baltes, la Cigogne noire niche sur des arbres nettement plus âgés que le peuplement de la station environnante. Cette différence est toutefois relativement faible en Estonie: 24 ans en moyenne (30 à 77 en Lettonie et Lituanie) (Fig. 1). Le manque d’arbres aptes à supporter un nid de cigogne peut s’expliquer par une gestion sylvicole pratiquant les coupes à blanc et produisant par conséquent des peuplements équiens. Seules les parcelles les plus âgées pourraient convenir mais, elles sont souvent défavorables à cause de leur structure ou de leur localisation. Les rares sites propices à l’espèce sont agrégés, de sorte que la territorialité d’un couple empêche l’installation d’autres individus sur des sites à proximité. Ainsi, sur les 733 échantillons aléatoires dans la forêt au centre du pays, seuls 26 abritaient au moins un arbre convenant pour l’installation d’un nid mais, 24 de ces derniers présentaient une localisation ou une structure de peuplement alentour défavorable à l’installation d’un couple (Fig. 2). En conclusion, si la construction de nids artificiels peut être une solution provisoire pour enrayer le déclin de la Cogogne noire en Estonie, une solution à long terme implique un changement dans les pratiques sylvicoles, notamment le maintien d’arbres âgés au sein des différentes zones forestières.

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