Aves, p�le ornithologique de Natagora

Consultez les articles du Bulletin Aves !

Recherche

Retour à la liste des articles

Aves, 40/1-4 | 2003 | 179-183

  Le ranch de chasse de Nazinga (Burkina Faso), site d’hivernage de la Cigogne noire (Ciconia nigra)
Portier, B.

Article est disponnible en pdf Télécharger l'article au format pdf (203 Kb)

Résumé de l'article

Le ranch de chasse de Nazinga est situé dans la zone biogéographique soudano-guinéenne, au sud du Burkina-Faso, à la frontière ghanéenne, à 200 km au sud de Ouagadougou. Les activités (observation de la faune, safaris chasse, conservation de la nature) s’étendent sur plus de 91.300 ha, entre 11°00’-11°18’ de latitude nord et 01°16’-01°43’ de longitude ouest. Le paysage dominant est une plaine légèrement inclinée vers des canaux de drainage, à une altitude moyenne de 280 m (extrêmes: 270-325 m). Le climat est de type soudano-guinéen avec des précipitations annuelles comprises entre 800 et 1.000 mm. La saison des pluies dure de juin à mi-octobre avec un maximum en août. La végétation est constituée principalement par une mosaïque alternant la savane buissonnante et la savane arborée. Les graminées pérennes représentent la majorité de la strate herbacée et de la production primaire de la savane. Avec près de huit mois de saison sèche, la production biologique se fait selon un rythme saisonnier marqué. La pluviométrie, l’action naturelle ou anthropique du feu ainsi que la pression des grands herbivores sont les principaux facteurs influençant les interactions arbres / herbacées / herbivores. En 1979, une ONG canadienne, l’Association pour le Développement et l’Elevage de la Faune africaine, lança un projet ayant pour but la survie et l’exploitation rationnelle de la faune sauvage au bénéfice de la population locale. De 1979 à 1989, cette ONG, conjointement avec le gouvernement du Burkina-faso, réalisa des recherches scientifiques sur la faune locale ainsi que des actions concrète comme la création da barrages, l’ouverture de près de 600 km de psites, une surveillance contre le braconnage, un programme de sensibilisation de la population locale à la problématique de la chasse, l’augmentation de la capacité d’hébergement... Depuis 1989, l’administration des Eaux et Forêts assure seule la gestion de la région avec, depuis 1996, le soutien du GEF (Global Environmental Fund). La Direction Générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement de la région wallonne a conclu en 1998 un accord de coopération technique et scientifique, supervisé par l’unité forestière de la faculté des sciences agronomiques de Gembloux. Trois scientifiques ont mené différentes études sur place. Grâce à la formation des guides et pisteurs, des informations plus précises ont pu être fournies à propos de l’hivernage de la Cigognes noire (Ciconia nigra). Ainsi, durant l’hiver 1999-2000, 40 ex. originaires d’Europe occidentale ont été notés à Nazinga, plus une douzaine dans la région adjacente de Safari-Sissili, ce qui porte à environ 60 ex. le nombre d’oiseaux présents de novembre à février, soit près de 3% de la population ouest-européenne. Des Cigognes noires hivernent également dans le parc national de Kaboré Tambi (30 km au nord-est de Nazinga) ainsi que dans le parc national Arly, le long de la frontière du Bénin. D’autres sites favorables doivent encore être visités. L’arrivée plus hâtive est signalée le 6 octobre, tandis que les derniers adultes ont été observés le 2à février, certains jeunes s’attardant jusqu’au 27 février. La Cigogne noire est souvent en groupes de 3 à 11 individus (mais deux rassemblements de 23 ex. durant l’hivernage 1999-2000). Elle se joint parfois aux grands échassiers africains comme le Marabout (Leptotilos crumeniferus), la Cigogne épiscopale (Ciconia episcopus), l’Ibis hadada (Bostrychia hagedash) et l’Ombrette (Scopus umbretta). La Cigogne noire vit essentiellement dans les bas-fonds humides et les zones de retenue d’eau. Ces endroits, riches en poissons, se raréfient au fur et à mesure de l’avancement de la saison, ce qui rend plus facile la localisation des oiseaux en février. Ils arrivent sur les lieux de pêche, seuls ou en petits groupes, vers 5h30 le matin, soit environ une demi-heure avant le lever du soleil., se nourrissent intensément puis se reposent jusqu’en soirée à l’ombre de grands arbres. Ils préfèrent les endroits calmes et s’envolent au moindre dérangement. Au crépuscule, entre 17h45 et 18h15, les cigognes rejoignent leur dortoir par groupes de 5 à 3à individus, la plupart du temps sur de grands baobabs (Adansonia digitata) où elles passent la nuit à l’abri des prédateurs. Ces perchoirs sont faciles à identifier par la présence de fientes sur l’écorce des arbres et de centaines de plumes sur le sol. Trois sites occupés en 1999-2000 par une quizaine d’oiseaux ont été trouvés mais, il y en a sûrement davantage à Nazinga. Dans un pays où la croissance démographique est rès élevée et où l’espace disponible se réduit tant dans les campagnes que dans les villes, il est essentiel de préserver certaines zones pour assurer la tranquillité et les ressources alimentaires de la Cigognes noire dans ses quartiers d’hivernage. Ces mesures doivent s’inscrire dans le cadre international de la conservation de la Cigogne noire et aussi de toute une série d’oiseaux migrateurs du Paléarctique. Dans cette optique, il est impératif de promouvoir l’idée d’une coopération internationale pour favoriser la conservation des ressources naturelles et des zones protégées des pays en voie de développement.

Articles sur les espèces principales

Cigogne noire
Ciconia nigra

Consultez la fiche de l'espèce

Articles publié dans le même bulletin