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Aves, 40/1-4 | 2003 | 228-240

  Le statut de conservation des zones humides éphémères de l’est de la Mauritanie et leur rôle dans la migration et l’hivernage des Cigognes noires (Ciconia nigra)
Shine, T.

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Résumé de l'article

A côté des zones côtières, à l’avifaune particulièrment riche, que sont le banc d’Arguin et le delta du Sénégal, les zones humides continentales de la Mauritanie sont souvent négligées. Elles jouent pourtant un rôle vital dans la vie des migrateurs paléarctiques et, en particulier, de la Cigogne noire. Depuis septembre 1999, des recherches ont été entreprises afin de déterminer la distribution et les aspects environnementaux et socio-économiques de ces étendues d’eau temporaires. On distingue trois types de zones humides: 1 - Les plus courantes, les tamourts (59% de toutes les zones inventoriées) se forment lorsque les eaux de pluie sont collectées dans une dépression argileuse. Ils sont caractérisés par des peuplements d’Acacia nilotica, ont la plus longue durée moyenne de présence de l’eau (6 mois) et jouent un rôle vital dans l’abreuvage du bétail. 2 - Les gâats se forment dans les dépressions des zones de faible pente. Ce sont des milieux humides ouverts contenant une végétation aquatique luxuriante (Nymphea lotus, Ipomea aquatica, Echinochloa colona, Cyperus spp.). La présence d’eau en ces lieux semble être plus brèce (4 mois) que dans les tamourts, à cause du manque de profondeur. Ces zones sont largement utilisées pour l’agriculture (73 % sont cultivés). Ce type de milieu est très important pour les populations d’anatidés parce que la végétation fournit à la fois d’abondantes sources de nourriture ainsi que le couvert. 3 - Les oueds sont des cours d’eau temporaires qui couelnt durant ou après les pluies (durée moyenne de 5 mois). Ils ont des rives distinctes, contrairement aux gäats et tamourts, bordées d’arbres comme Acacia nilocita, Ziziphus mauritania et Balanites aegyptica). Bien que fréquement cultivés, les oueds ont, par la nature variée des conditions qu’ils présentent, une grande richesse du point de vue de la biodiversité. Des Cigognes noires ont été trouvées dans les trois types d’habitat. Elles utilisent les zones humides de l’est mauritanien comme étapes de migration en provenance ou vers leurs zones de nidification. Les années favorables, elles peuvent y prolonger leur hivernage. Ainsi, en janvier 2000, arpès une année 1999 particulièrment pluvieuse, un total de 83 ex. a été dénombré à Gâat Mahmoûdé. En règle générale toutefois, elles n’utilisent cette région que comme une étape vers des zones situées plus au sud et où l’humidité est permanente (delta du Niger, Mali, Niger, Burkina-Faso). La majorité des habitats humides où des Cigognes noires ont été observées sont généralement calmes et non perturbées, hormis occasionnellement par la présence de bergers et de leurs bêtes. Le site de Tamchekett, un oued abondamment peuplé d’Acacia nilotica) et proche d’une ville, fait exception. Malgré l’intense activité humaine, 8 Cigognes noires juvéniles s’y sont temporairement arrêtées en septembre 1999. Ces diverses zones humides sont menacées par l’accroissement de la population humaine, sa sédentarisation et une politique poussant à développer la production agricole. Certaines ont été irrémidéablement perdues par la cosntruction de barrages et l’essartage de terres. L’absence d’une stratégie nationale sur les zones humides et l’approche autonome des projets de développement accroissent le risque d’altérer considérablement un écosystème fragile, vital pour l’avifaune et, en particulier, la Cigogne noire.

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