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Aves, 10/2 | 1973 | 70-112

  La situation écologique de la nidification de la Cignogne blanche (Ciconia ciconia L.) en Lorraine belge, en 1972.
Parent, G.H.

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Résumé de l'article

Les Cignognes blanches qui ont niché en Lorraine belge en 1972 paraissent avoir participé à la migration régulière qui remonte par la France orientale et dont quelques jalons sont mentionnés. On considère que cette nidification ne constitue pas un phénomène compensatoire à la raréfaction de la Cigogne en Alsace, ni une extension d'aire, mais qu'il s'agit de la réoccupation d'une aire ancienne. Des documents toponymiques prouvent que l'espèce réoccupe des territoires où elle semble avoir niché autrefois et qui correspondent précisément à un territoire potentiel de nidification, défini écologiquement. En outre, la Cigogne figure sur les armoiries de la ville d'Arlon. Examinant les causes présunées de la disparition de la Cigogne blanche en Europe occidentale, on montre que le phénomène a une causalité extrinsèque, une perturbation globale de l'écosystème auquel participe la Cigogne étant en cause. Les divers cas de nidifications sporadiques relevés dans la littérature sont interprétés comme des indices du territoire potentiel de nidification de l'espèce. La nidification récente de la Cigogne dans le département de la Manche (France), fort semblable à celle de la Lorraine belge, est décrite. Plusieurs hypothèses sont avancées, notamment celle d'une dérive alimentaire récente d'où résulterait l'éclectisme alimentaire actuel de la Cigogne, et celle de l'existence d'une voie de migration préférentielle atlantique. Une politique visant à assurer le retour de la Cigogne dans le bas Luxembourg est définie. CONCLUSIONS 1. Quoique les preuves manquent, on considère que le couple de Cigognes qui a niché en 1972 en Lorraine belge faisait partie de la migration normale qui traverse notre pays. Il ne s'agirait vraisemblablement pas d'individus échappés d'élevage. 2. L'examen critique des causes de la raréfaction des Cigognes en Europe occidentale montre que le problème est complexe et lié à plusieurs facteurs extrinsèques. On ne peut interpréter le phénomène en termes de causalité vectorielle, car c'est en fait tout l'écosystème dans lequel vit la Cigogne, tant dans ses territoires d'été, que dans ses quartiers d'hiver, qui est perturbé. De nombreuses données manquent encore pour conclure avec sûreté sur l'importance relative de divers facteurs. 3. Les cas de nidification sporadiques enregistrés ces dernières années en dehors des zones considérées comme normales n'ont pas une signification compensatoire; ils indiquent plutôt des aires potentielles de nidification de la Cigogne blanche. 4. L'hypothèse d'une extension récente de l'aire de nidification est réfutée. L'argument toponymique prouve que la Cigogne a autrefois niché dans le Luxembourg belge. 5. Certaines hypothèses sont avancées : 1° l'éclectisme alimentaire actuel des Cigognes et le fait qu'elles consomment peu de batraciens pourraient résulter d'une dérive alimentaire récente, causée par une perturbation, dont la place et la nature restent à préciser, au sein de la chaîne trophique. 2° Les populations qui traversent la province de Luxembourg seraient issues de la voie présumée : Rhône-Saône, Bourgogne, Lorraine. 3° L'existence d'une voie préférentielle de migration atlantique est présumée, la traversée de la France s'effectuant donc de manière comparable à celle utilisée par l'Echasse blanche. 6. Si, dans l'ensemble, le bassin de la haute Semois et de la vallée de l'Attert constituent un territoire potentiel de nidification pour la Cigogne blance, les exigences écologiques de l'espèce y étant rencontrées, il n'est pourtant pas possible d'estimer les chances de retour de l'espèce. Nous pouvons conclure uniquement que la nidification n'a aucun caractère aberrant. 7. Une politique rationnelle d'aménagement du territoire, l'éducation du public, l'installation de nids artificiels sont préconisées. La technique des enclos d'implantation est également rappelée.