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Aves, 3/4-5 | 1966 | 65-97

  Invasion de Cailles (Coturnix coturnix) en Europe durant l'année 1964.
Davis, P., Erard, C., Preuss, N.O., Tekke, M. & Tricot, J.

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Résumé de l'article

L'année 1964 se caractérise par l'abondance anormale de Cailles (Coturnix coturnix) en Europe occidentale. En France, les diverses régions, à de rares exceptions, présentent une augmentation très nette de l'effectif normal. Dans le Nord-Est, des densités de 3 à 4 couples sur 2 à 3 ha sont constatées. Au grand-Duché de Luxembourg, l'espèce se révèle commune. En belgique, sur l'ensemble du territoire le nombre d'oiseaux est nettement plus important; aux endroits propices, une densité d'un mâle chanteur pour 1 à 2 ha est courante. L'effectif minimum de la population est estimée à 500.00 exemplaires. L'arrivée des migrateurs débute à la mi-avril, atteint son maximum durant la seconde quinzaine de mai, se poursuit certainement jusqu'à fin juin, peut-être même en juillet. La migration nocturne, perçue en mai et juin, s'effectue par vent dominant du secteur Sud à Sud-Est. Sans pouvoir prendre position quant à la proportion des nicheurs réels, il convient de mettre en évidence un nombre plus élevé que d'habitude de découvertes de ponte ou de très jeunes oiseaux. Le départ débute probablement fin juillet, est important à la mi-août, tandis que des couvaisons ont encore lieu. Aux Pays-Bas, la Caille est vraiment abondante, relativement aux années antérieures, durant lesquelles l'espèce niche irrégulièrement. En Angleterre, l'invasion est également constatée; le maximum des arrivées se situe à partir de la mi-mai. Au Danemark, où l'espèce est rarement observée, il en est autrement en 1964. Si d'une part, en Tunisie, au Cap Bon, le passage de la migration prénuptiale est très faible, d'autre part, au Maroc, celle-ci est exceptionnellement importante dans toute la zone côtière entre Agadir et Tanger. Malheureusement, le manque d'informations en Espagne ne permet pas d'établir la continuité du passage marocain. Au faible passage tunisien, correspond une migration printanière particulièrment abondante en Italie. Un grand nombre de Cailles baguées dans ce dernier pays, lors du passage, sont reprises en France, en automne. Une de ces reprises est particulièrement intéressante car, le comportement de l'exemplaire, bagué le 15.VIII.1964 en Italie et repris le 9.IX.1964 en Seine-Maritime, semble indiquer un important déplacement vers le Nord-Ouest après nidification. Parallèlement à l'invasion des Cailles, un afflux d'espèces méridionales et orientales se remarque en 1964. Dans le cadre des observations belges, une mise au point du statut général de l'espèce est établi, à partir de données antérieures à 1964. L'effectif de la population des Cailles en Belgique présente une importante variation d'une année à l'autre. La fluctuation de densité de cette population au cours des années passées met en évidence une diminution progressive des effectifs jusqu'en 1930. La période 1941 à 1948 voit un apport annuel plus important, exception faite pour l'année 1946, durant laquelle l'espèce semble faire défaut. Après 1948, la population retombe sans doute au même niveau qu'avant 1941. Les années 1916, 1922, 1930, 1931 et 1937 présentent des apports nettement plus nombreux. Plus récemment, de tels apports anormaux se manifestent en 1952 et 1961, de même que probablement en 1959. Deux années montrent un caractère invasionnel absolument remarquable: 1947 et 1964. Il y a concordance entre un apport anormalement important de Cailles et une température moyenne particulièrement élevée durant le mois de mai.